Paru dans une publication canadienne le 11 juin 2005

 Violette Daguerre

 

 

La Commission arabe des droits humains

Violette Daguerre préside la Commission arabe des droits humains (ACHR) depuis environ quatre ans.

Fondée en janvier 1998 par un groupe de défenseurs des droits de la personne de différents pays arabes, l'ACHR est une organisation pan-arabe qui adhère aux principes universels et aux instruments internationaux des droits humains et revendique une totale indépendance de toute appartenance politique. Son mandat se focalise sur la promotion de la culture des droits humains, la défense des libertés fondamentales et la protection de toutes les victimes de violations de droits humains dans le monde arabe et ce, indépendamment de leurs croyances, convictions politiques, sexe, religion ou couleur.

Dans cette région, les violations des droits collectifs et individuels touchent pratiquement toute personne aspirant à une vie digne. Non seulement les droits d’expression, d’opinion, de croyance ou de pratique d’une activité politique, syndicale ou associative y sont bafoués, mais des châtiments corporels sont-ils appliqués dans la moitié des pays arabes tandis que la torture est une pratique courante. De plus, le nombre des déplacé-es et des exilé-es dépasse celui des habitant-es de la Belgique et les prisonniers d’opinion dans les pays arabes et en Israël avoisine les 55.000.

Les objectifs de la Commission arabe des droits humains insistent donc sur les priorités suivantes :
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mettre sur pied des projets de missions et d’enquêtes sur le terrain portant sur les droits sociaux, économiques et culturels, tout autant que sur les droits civiques et politiques
. accorder plus d’attention aux violations des droits des groupes vulnérables dont les femmes, les enfants et les minorités à l’intérieur et à l’extérieur des pays arabes
. écrire des rapports sur des groupes spécifiques tels que les exilé-es, les déplacé-es, les réfugié-es et les travailleurs émigrés en Europe ou dans les pays du Golfe
. observer, décrire et analyser les formes de violences étatiques et sociétales de manière à répondre aux arguments des États autoritaires concernant leurs choix sécuritaires
. établir des ponts et des réseaux de relations entre les ONG du Nord et du Sud et dans les pays arabes et renforcer les possibilités de collaboration inter-arabe
. diffuser des informations et des analyses sur les violations des droits de la personne dans le monde arabe.

Pour se faire connaître, la commission part du principe qu'aujourd'hui une ONG efficace ne peut agir qu'avec un bon réseautage avec d'autres ONG de par le monde et un lobbying efficace, ainsi qu'une bonne maîtrise des contacts médiatiques. Elle doit être présente aussi bien dans l'opinion publique que dans les tribunaux, tant sur le plan théorique que pratique. Au sein de cette association, le souci est d'associer une réflexion approfondie sur l'établissement d'une culture des droits de la personne dans le monde arabe à un suivi permanent et précis des atteintes à ces droits dans cette partie du monde.

Autrement dit, la commission s'efforce de :
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maintenir un site Web qui présente au fur et à mesure ses publications et actions
. éditer des livres, rapports, communiqués, etc., sur les divers domaines abordés dans le cadre de ses actions
. associer par des collaborations ponctuelles et assidues des ONG locales et internationales à ses activités
. organiser des colloques et des séminaires de formation dans différents pays arabes et européens
. effectuer des missions d'enquête et d'observation judiciaire
. émettre des communiqués de presse et d'autres communications en fonction de l'actualité
. établir des contacts ponctuels avec les médias de masse étrangers et surtout arabes pour braquer les projecteurs sur l'objet de ses actions.