Violette
Daguerre préside la Commission
arabe des droits humains (ACHR) depuis environ quatre ans.
Fondée en
janvier 1998 par un groupe de défenseurs des droits de la personne de
différents pays arabes, l'ACHR est une organisation pan-arabe qui adhère aux principes universels et aux
instruments internationaux des droits humains et revendique une totale
indépendance de toute appartenance politique. Son mandat se focalise sur la
promotion de la culture des droits humains, la défense des libertés
fondamentales et la protection de toutes les victimes de violations de droits humains dans le monde arabe et ce,
indépendamment de leurs croyances, convictions politiques, sexe, religion ou
couleur.
Dans cette
région, les violations des droits collectifs et individuels touchent
pratiquement toute personne aspirant à une vie digne. Non seulement les droits
d’expression, d’opinion, de croyance ou de pratique d’une activité politique,
syndicale ou associative y sont bafoués, mais des châtiments corporels sont-ils
appliqués dans la moitié des pays arabes tandis que la torture est une pratique
courante. De plus, le nombre des déplacé-es et des exilé-es dépasse celui des habitant-es
de la Belgique et les prisonniers d’opinion dans les pays arabes et en Israël
avoisine les 55.000.
Les objectifs de
la Commission arabe des droits humains insistent donc sur les priorités
suivantes :
. mettre sur pied des projets de missions et
d’enquêtes sur le terrain portant sur les droits sociaux, économiques et
culturels, tout autant que sur les droits civiques et politiques
. accorder plus d’attention aux violations des droits
des groupes vulnérables dont les femmes, les enfants et les minorités à
l’intérieur et à l’extérieur des pays arabes
. écrire des rapports sur des groupes spécifiques tels
que les exilé-es, les déplacé-es,
les réfugié-es et les travailleurs émigrés en Europe
ou dans les pays du Golfe
. observer, décrire et analyser les formes de
violences étatiques et sociétales de manière à répondre aux arguments des
États autoritaires concernant leurs choix sécuritaires
. établir des ponts et des réseaux de relations entre
les ONG du Nord et du Sud et dans les pays arabes et renforcer les possibilités
de collaboration inter-arabe
. diffuser des informations et des analyses sur les
violations des droits de la personne dans le monde arabe.
Pour se faire
connaître, la commission part du principe qu'aujourd'hui une ONG efficace ne
peut agir qu'avec un bon réseautage avec d'autres ONG
de par le monde et un lobbying efficace, ainsi qu'une bonne maîtrise des
contacts médiatiques. Elle doit être présente aussi bien dans l'opinion
publique que dans les tribunaux, tant sur le plan théorique que pratique. Au
sein de cette association, le souci est d'associer une réflexion approfondie
sur l'établissement d'une culture des droits de la personne dans le monde arabe
à un suivi permanent et précis des atteintes à ces droits dans cette partie du
monde.
Autrement dit,
la commission s'efforce de :
. maintenir un site Web qui présente au fur et
à mesure ses publications et actions
. éditer des livres, rapports, communiqués, etc., sur
les divers domaines abordés dans le cadre de ses actions
. associer par des collaborations ponctuelles et
assidues des ONG locales et internationales à ses activités
. organiser des colloques et des séminaires de
formation dans différents pays arabes et européens
. effectuer des missions d'enquête et d'observation
judiciaire
. émettre des communiqués de presse et d'autres
communications en fonction de l'actualité
. établir des contacts ponctuels avec les médias de
masse étrangers et surtout arabes pour braquer les projecteurs sur l'objet de
ses actions.