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Après avoir servi de bouclier humain, l’enfant a été détenu dans
un trou dans le sol, avec une centaine d’autres gazaouis,
pendant quatre jours. Il souffre maintenant de troubles mentaux
graves et refuse de parler à des étrangers. Avec l’aide de ses
parents, Al Mezan a pu lui faire raconter son histoire et
en a présenté des extraits. Chez lui, avec ses parents, il était
terrifié par des jours et des jours d’attaques.
Le
Centre Al Mezan pour les Droits de l’Homme
est une ONG palestinienne basée à Gaza, dont l’objectif est de «
promouvoir, protéger et empêcher les violations des droits de
l’homme en général, et les droits économiques, sociaux et
culturels en particulier, pour fournir une aide efficace aux
victimes de telles violations, et pour améliorer la qualité de
vie de la communauté dans les secteurs marginalisés de Gaza.
»
Elle recense et documente les violations, fournit une aide
juridique, et aide les Gazaouis dans des « domaines
fondamentaux comme les droits humains basiques, la démocratie et
l’aide humanitaire internationale. » Elle produit également
des rapports et des publications sur son travail.
En avril, elle a publié une étude de sept cas qui actualise son
rapport de juillet 2008, intitulé : « Se cacher derrière les
civils – l’utilisation continue des civils palestiniens comme
boucliers humains par les forces israéliennes d’occupation.
» Cet article résume les deux rapports et met en lumière ce que
le droit international interdit sans équivoque. C’est néanmoins
une pratique habituelle des forces d’occupation même si la Cour
Suprême d’Israël l’a interdite le 6 octobre 2005.
Une Palestinienne décrit son expérience :
« Ils m’ont menotté et bandé les yeux. Ensuite, ils m’ont
obligée à sortir de la pièce, en me poussant avec leurs mains et
leurs fusils pour que j’avance, bien que j’ai les yeux bandés et
que je sois enceinte. Je les ai entendus pousser d’autres
personnes et leur crier de se dépêcher. J’étais épuisée et je
suis tombée plusieurs fois. Je leur ai dit que j’étais enceinte
de quatre mois et je ne pouvais pas continuer, mais un soldat
m’a menacée de me tirer dessus. »
D’autres témoignages relatent des histoires similaires,
quelquefois aux tragiques conséquences pour les victimes. Israël
est partie prenante de différentes lois et conventions sur les
droits de l’homme. En conséquence, il est tenu de respecter et
de protéger les droits des personnes qu’il contrôle.
Selon l’article 3 de la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme
de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1948 : «
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté
de sa personne. »
Selon l’article 5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à
des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
Selon l’article 9 : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté,
détenu ou exilé. »
Le
Pacte international relatif aux droits civils et politiques
de l’Assemblée Générale de 1977 affirme
les mêmes droits. Selon l’article 17 (1) : « Nul ne sera
l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie
privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni
d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. »
Tant le
droit international humanitaire (DIH)
que le
droit international des droits de l’homme
(DIDH) protègent la vie, le bien-être et la dignité. Le DIH
concerne les conflits armés, alors que le DIDH s’applique en
temps de paix comme en temps de guerre. Les Conventions de La
Haye et de Genève comprennent le corps principal du DIH et
trouvent un juste milieu entre les nécessités militaires et les
considérations humanitaires. En tant que puissance d’occupation,
Israël a l’obligation de s’y conformer.
La
Quatrième Convention de Genève protège
les civils en temps de guerre, y compris ceux de Palestine
Occupée. Elle restreint l’usage de la force et interdit la
saisie des non-combattants comme otages, dont les personnes qui
ont déposé les armes ou qui ne peuvent combattre à cause de
maladie, blessure ou toute autre raison.
L’article 34 déclare : « La prise d’otage est interdite.
» L’article 28 déclare : « Aucune personne protégée ne pourra
être utilisée pour mettre, par sa présence, certains points ou
certaines régions à l'abri des opérations militaires. »
L’article 29 déclare : « La Partie au conflit au pouvoir de
laquelle se trouvent des personnes protégées est responsable du
traitement qui leur est appliqué par ses agents, sans préjudice
des responsabilités individuelles qui peuvent être encourues.
»
Le
Protocole I, article 51, paragraphe 7
déclare : « La présence ou les mouvements de la population
civile ou de personnes civiles ne doivent pas être utilisés pour
mettre certains points ou certaines zones à l'abri d'opérations
militaires, notamment pour tenter de mettre des objectifs
militaires à l'abri d'attaques ou de couvrir, favoriser ou gêner
des opérations militaires. Les Parties au conflit ne doivent pas
diriger les mouvements de la population civile ou des personnes
civiles pour tenter de mettre des objectifs militaires à l'abri
des attaques ou de couvrir des opérations militaires. » En
d’autres termes, utiliser des civils comme boucliers humains est
interdit en toutes circonstances.
De plus, le
Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale
en son article 8, interdit « la prise d’otages. » Israël
n’est pas membre de la Cour mais a des obligations selon le
droit international.
Al Mezan a recueilli des témoignages assermentés de
maisons de particuliers saisies et utilisées comme postes
militaires pendant plusieurs jours, avec leurs résidents
confinés pendant des périodes prolongées, frappés et agressés,
empêchés de mener des activités normales.
Une autre pratique était appelée « la procédure de voisinage
», modifiée plus tard en « procédure de premier
avertissement » pour contourner une interdiction juridique.
Israël réquisitionne des civils, les oblige à frapper à la porte
des voisins, habituellement de nuit, pour leur transmettre des
ordres militaires d’arrestation. Les otages sont mis dans une
position difficile lorsque la violence éclate quelquefois, qui
peut entraîner des morts et des blessés.
Finalement, cette pratique a été bannie mais Israël méprise
ouvertement ses propres décisions judiciaires ainsi que ces
obligations selon le droit international. Israël continue à se
servir de civils, hommes, femmes et enfants, comme boucliers
humains.
Pendant la Deuxième Intifada (en particulier pendant l’opération
à grande échelle d’Israël « Bouclier Défensif »), Amnesty
International (AI) a déclaré en octobre 2005 :
« AI a enquêté sur des dizaines de cas où l’armée israélienne
s’est servi de Palestiniens, enfants comme adultes, comme «
boucliers humains » pendant des opérations militaires dans des
villes et des camps de réfugiés dans tous les Territoires
Occupés. Les Palestiniens ont été obligés de marcher devant les
soldats israéliens qui, parfois, faisaient feu en se protégeant
derrière les civils. Ils ont également été obligés d’entrer dans
des maisons devant les soldats israéliens pour chercher des
explosifs ou des tireurs cachés à l’intérieur, inspecter des
objets suspects ; ils ont été obligés de rester dans leurs
maisons pendant que l’armée s’en emparait pour s’en servir de
position de tir, ou obligés d’entrer dans les maisons de
Palestiniens recherchés, éventuellement armés, pour leur
demander de se rendre aux forces israéliennes. »
B’Tselem rapporte qu’Israël se sert systématiquement «
de boucliers humains comme partie intégrante des ordres reçus
par les soldats israéliens (…). » Al Mezan a recensé
des « dizaines de cas » à Gaza, en dépit des
interdictions spécifiques de la Haute Cour, habituellement
pendant les incursions. Les études de cas ci-dessous réfutent
les affirmations israéliennes de respecter les civils, de ne pas
les utiliser comme boucliers, et de se conformer strictement au
droit international et à ses propres lois.
Les responsables israéliens mentent. C’est leur pratique
standard de se saisir de civils palestiniens au hasard, dont des
femmes et de jeunes enfants, puis de les mettre dans des
situations dangereuses. Habituellement pour :
- permettre aux soldats de réquisitionner leurs maisons pour en
faire des postes militaires et de tir,
- vérifier s’il y a des objets piégés dans les bâtiments,
- ordonner aux résidents de partir,
- enlever des objets suspects partout où les soldats peuvent
aller,
- les protéger contre des coups de feu ou des jets de pierre, et
- faire toute autre tâche que les soldats ordonnent, sous
menaces très réelles de leur tirer dessus s’ils refusent.
Les ordres de mener ces pratiques viennent des commandants en
chefs, pas des soldats sur le terrain.
Exemples d’études de cas – 2008 et 2009
Numéro 1
Le 10 juillet 2008, les forces israéliennes d’occupation ont
obligé Rana Mofeed Awad An-Nabaheen, 11 ans, d’aller chez un
cousin pour lui remettre l’ordre de partir. Au retour, elle a
reçu une balle dans l’estomac tirée par d’autres soldats qui ne
savaient pas qu’elle agissait sur ordre. Le membre de la famille
Mahir Hamdan Mheisin An-Nabaheen a fourni un témoignage
assermenté. Vers 4h30 du matin, j’ai été réveillé par des
véhicules, des hélicoptères et des tirs.
« J’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre et j’ai vu les soldats
israéliens entrant de force chez un des membres de ma famille et
les obliger à sortir. » Rana leur avait remis l’ordre de partir.
Il a ensuite entendu des tirs nourris. « Je suis sorti et j’ai
vu Rana, près de la grille, qui hurlait : “Je suis blessée”. Je
l’ai prise par la main et je l’ai tirée à l’intérieur de la
maison. Les tirs étaient encore plus nourris. J’ai laissé Rana
saigner et je me suis protégé derrière un mur. Rana a rampé sur
deux marches et est restée étendue par terre. Je pouvais voir
ses entrailles sortir de son ventre. Un médecin en uniforme
militaire est arrivé, a apporté un bandage et l'a mis sur son
ventre. Le commandant a attaché Rana dans un camion, puis a
ordonné à deux soldats de la transporter. »
Cet exemple est typique de beaucoup d’autres.
Numéro 2
Il implique l’arrestation de civils, dont une femme enceinte, du
quartier As-Sreij, à l’es d’Al-Qarara, à Khan Younis. Ils
étaient détenus dans un champ et obligés d’accompagner les
soldats vers la frontière. Les hommes étaient détenus, les
femmes et les enfants ont reçu l’ordre de partir. Sur le chemin,
les soldats leur ont tiré dessus puis utilisés comme boucliers
humains pendant l’opération. De peur de représailles, le témoin
a demandé l’anonymat.
Le 3 avril 2008, à 7h30 du matin, son mari ne répondait pas sur
son portable au moment où une force israélienne entrait dans le
secteur où il travaillait. Elle s’est précipitée sur les lieux
avec la carte d’identité de son mari. « Alors que j’étais en
route, j’ai entendu quelqu’un crier et m’ordonner d’arrêter et
de venir vers lui… J’ai essayé de lui expliquer que j’allais
donner sa carte d’identité à mon mari mais ils m’ont menacé de
me tirer dessus. »
« Ils m’ont emmenée dans une pièce où j’ai vu sept hommes et une
femme avec ses deux filles, qui étaient détenus. Les hommes
étaient menottés et avaient les yeux bandés. Ils m’ont menottée
et m’ont bandé les yeux. Ensuite, ils nous ont obligés à sortir
de la pièce, ils me poussaient avec leur mains et leurs fusils
alors que j’avais les yeux bandés et que j’étais enceinte... Ils
se sont arrêtés un moment et m’ont enlevé le bandeau… Je les ai
vus emmener les hommes de l’autre côté de la frontière, puis
j’ai entendu l’un d’entre eux nous ordonner de quitter le
secteur… j’ai entendu de nombreux coups de feu. »
« J’ai dû ramper longtemps pour quitter le secteur… Des soldats
m’ont obligée à m’arrêter. J’ai essayé de leur expliquer ce qui
venait de se passer mais ils m’ont menacée de me tirer dessus et
m’ont obligée à m’asseoir avec l’enfant d’une famille… Un soldat
a forcé l’enfant à retirer sa chemise et il lui a attaché les
mains avec. Il y avait beaucoup d’explosions et des tirs
intensifs. »
« J’ai réussi à rentrer chez moi vers 13h le même jour. Mon mari
est rentré vers 21h. J’ai appris qu’il avait été détenu dans un
poste militaire près de la frontière. »
Ceci est un autre exemple de bouclier humain qui « montre le
mépris total de la part des soldats pour la vie d’une femme
enceinte et de son bébé. » Les forces israéliennes se sont
servies d’eux comme couverture pour se retirer du secteur.
Dans d’autres cas, des équipes médicales ont été obligées de
faire des tâches dangereuses, des maisons ont été utilisées
comme postes militaires et leurs résidents comme boucliers
humains ; c’est ce qui est arrivé à un jeune garçon de 14 ans.
Le 9 avril 2009, Al Mezan a présenté un rapport actualisé
qui contient sept nouvelles études de cas « basées sur des
enquêtes de terrain et des témoignages, » qui ont eu lieu
pendant l’Opération Plomb Durci et une plus tôt, en 2008.
« En mettant en danger les vies des civils, hommes, femmes et
enfants en les utilisant systématiquement comme boucliers
humains, les forces israéliennes commettent des crimes contre
l’humanité, selon le droit international. » Ce sont
quelques-unes des nombreuses violations contre les civils
palestiniens non combattants.
Numéro 1 – enfant de 15 ans utilisé comme bouclier humain
Après avoir servi à cette fin, l’enfant a été détenu dans un
trou dans le sol, avec une centaine d’autres gazaouis, pendant
quatre jours. Il souffre maintenant de troubles mentaux graves
et refuse de parler à des étrangers. Avec l’aide de ses parents,
Al Mezan a pu lui faire raconter son histoire et en a
présenté des extraits. Chez lui, avec ses parents, il était
terrifié par des jours et des jours d’attaques.
« J’étais étendu sur le sol, je m’abritais avec ma mère. » Puis
son oncle a dit : « Venez au rez-de-chaussée. » « Alors nous
sommes tous descendus. Dès que nous avons ouvert la porte, j’ai
vu un grand nombre de soldats. L’un d’entre eux pointait son
arme sur moi… J’ai vu mon oncle et mes frères alignés contre le
mur. J’ai vu le soldat me faire signe de me tenir à côté d’eux.
Je l’ai fait… il voulait que je mette mes mains en l’air. Je
l’ai fait. Un autre soldat est arrivé et m’a fouillé des pieds à
la tête. Il a attaché mes mains à celles des autres à côté de
moi. »
« Je suis resté près du mur. Quelques minutes après, un des
soldats est venu me donner un coup de pied. Environ deux heures
plus tard, ils nous ont ordonné de marcher… ils nous ont fait
entrer chez Khalil al-Attar… Puis ils nous ont dit d’aller tous,
comme une chaîne, dans une des pièces. » Puis ils nous ont
emmenés à l’extérieur de la maison… J’ai entendu le bruit d’une
énorme explosion dans le secteur. De là, ils nous ont emmenés à
une ferme. »
« Ils nous ont fait asseoir par terre jusqu’à l’aube du
lendemain. Ensuite, ils nous ont emmenés dans un champ et m’ont
bandé les yeux… Ils nous ont emmenés à un endroit en creux. Ils
nous ont fait asseoir par terre. Ils m’ont attaché les mains
devant mon estomac. Ils m’ont fouillé une troisième fois. Après,
ils m’ont enlevé le bandeau... J’ai réalisé où était cet endroit
en creux. C’était un trou fait par les forces israéliennes... au
sud de l’école américaine. »
« Nous avons passé toute la nuit dans ce trou. Je ne pouvais pas
dormir. Il faisait très froid et je n’avais pas suffisamment de
vêtements. Nous sommes restés dans ce trou pendant quatre jours…
J’entendais les bruits de tirs et d’explosions à côté. On a eu
un repas chaque après-midi. Le troisième jour, j’ai vu un soldat
qui installait une grille autour du trou et il a emmené des tas
d’autres gens dedans, jusqu’à ce qu’on soit environ 100. Le
matin du quatrième jour, un soldat israélien m’a détaché, moi,
mon frère Ali, mes cousins Hussein et Khalil. Ils nous ont dit,
et aux femmes, d’aller à Jabalia.
Numéro 2 - Majdi al-Abed Ahmed Abed Rabbo, 40 ans
« Le 5 janvier, à 9h30 du matin, j’étais chez moi lorsque j’ai
entendu un bruit fort et quelqu’un dire : « ouvre la porte... »
Je suis allé ouvrir. J’ai été surpris de voir un soldat
israélien qui se cachait derrière un homme dans les 20 ans et
pointait un fusil sur moi. Il a dit en arabe : « enlève tes
pantalons ». Je les ai enlevés. Il m’a ordonné de me mettre nu,
puis de me rhabiller. Environ 15 à 20 soldats israéliens sont
alors entrés dans la cour de ma maison… un m’a attrapé au cou
par derrière et m’a mis son fusil sur la nuque. »
« Deux autres soldats se cachaient derrière moi… Ils m’ont dit
de les mener au toit, et là ils ont fouillé les pigeonniers que
j’ai dans deux pièces. » Un soldat lui alors posé des questions
sur la maison voisine, qui appartient à son cousin et qui est
reliée à la sienne par un toit commun. « Il n’y a pas d’espace
entre les deux maisons, juste le mur. »
« Après ça, un des soldats a apporté un outil de démolition et
m’a dit : « Fais un trou là. » Ensuite, trois soldats sont
passés par le trou chez son cousin. « Ils lui ont dit de venir,
avec d’autres soldats, puis : « lève toi, lève toi, » et ils
l’ont saisi violemment. « Je me suis levé et je suis revenu sur
mon toit par le trou, avec eux, et en groupe ils ont tous
descendu les escaliers. Ca s’est passé très vite… tout le groupe
courait. »
« Les soldats m’ont emmené dehors. Je me suis retrouvé sur une
route boueuse… Un des soldats me tenait et me faisait courir
avec lui. Un autre soldat tenait un jeune homme de la même
manière, il avait les mains attachées. Ils m’ont poussé dans la
mosquée par l’entrée principale, au nord… Ils m’ont attaché les
mains sur l’estomac, puis les jambes, et m’ont assis dans un
coin. Ils sont entrés dans la maison qui jouxte la mosquée. Ils
nous ont fait sortir et nous ont emmenés dans une autre maison,
et nous ont fait asseoir à côté. »
« Dans une maison, a dit un soldat, il y avait des tireurs et on
les a tués. Va chercher leurs vêtements et ramène leurs fusils.
»
« J’ai refusé. Je leur ai demandé de me laisser retourner auprès
de ma famille. Je lui ai dit : « aller dans cette maison, ça
veut dire mourir, et je ne veux pas mourir. » Le soldat m’a
répondu : « Tu es là pour faire ce que je te dis. Vas-y. »
« J’ai marché environ 200m vers la maison… Je suis entré… J’y
suis allé seul… mais je n’ai trouvé personne. Je m’attendais au
pire. »
Il a rencontré trois hommes armés qui portaient des insignes des
Brigades Al-Qassam. Il leur a dit qu’il avait été obligé de
venir. Ils lui ont dit de repartir et de dire ce qu’il avait vu
– « Trois hommes dans la maison, toujours en vie… puis le soldat
m’a dit, « L’officier dit qu’il est dingue, et que si tu mens,
il jure sur sa mère qu’il te tuera. »
« Peu de temps après, j’ai entendu des tirs à côté, très
importants. Vingt minutes ont passé… et un soldat m’a dit. «
Maintenant, on les a tués. Va les chercher.” J’ai refusé. Je lui
ai dit que les hommes m’avaient dit que si je revenais, ils me
tueraient, alors le soldat m’a crié : On les a tués ! »
Il y est allé et il a trouvé un homme grièvement blessé, qui
saignait, et les autres en vie. Il est revenu dire ce qu’il
avait vu, puis il a entendu des tirs et une explosion très
forte. Un soldat a dit : « Va voir s’ils sont morts. On a
bombardé la maison par avion… » Avec difficulté, je suis entré
dans la maison. A l’intérieur, j’ai vu les trois hommes toujours
en vie, mais ils étaient sous les gravats. »
Majdi al-Abed Ahmed Abed Rabbo a retrouvé sa femme et ses
enfants après que les forces israéliennes l’ait libéré. Sa
maison était totalement détruite par les bulldozers militaires,
et il est profondément déprimé. De nombreux autres exemples sont
semblables à son témoignage – des boucliers humains utilisés de
façon illégale par les soldats israéliens en violation du droit
international et des décisions de la Haute Cour d’Israël.
Conclusions
Les cas ci-dessus sont des exemples des pratiques israéliennes
habituelles en violation flagrante du droit international et des
décisions de la Haute Cour d’Israël. Ces pratiques mettent en
danger les vies des civils et provoquent « des traumatismes
psychologiques durables. »
Le droit international considère que l’utilisation de civils
comme boucliers humains est un crime de guerre et, lorsqu’il est
utilisé systématiquement contre des non-combattants, un crime
contre l’humanité. Il est primordial de faire rendre compte aux
parties coupables de ces crimes, pour les obliger à mettre un
terme à leurs pratiques abominables.
Al Mezan condamne le mépris d’Israël pour le droit et dit
que « l’échec continue de la communauté internationale à
remplir ses obligations, et son silence envers les violations
israéliennes sont un encouragement à ce que d’autres actions
similaires soient perpétrées à l’avenir par Israël. »
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